Deux-Sèvres 

                   
       

 

Fromagerie Grellier Constant

puis Rougeau Amélie

 puis Mérouzeau Amélie

à "La Grand-Ouche"

4 route de Pliboux

à

SAUZÉ-VAUSSAIS

 

       
                   

 

Historique : 1914 - 1935
     
     
  Depuis l’introduction de l’amendement à la chaux, les terres du canton de Sauzé-Vaussais offrent de nombreuses parcelles cultivées et prairies artificielles. L’élevage ovin et l’usage du mulet ont progressivement cédé la place à l’élevage de la vache laitière parthenaise.  
                   

Carnet de laitier de l'associé
Delphin Barbreau

En mars 1914, M. Constant Grellier, âgé de 51 ans et originaire d’Airvault (Deux-Sèvres), constate qu’à Sauzé-Vaussais, commune de 1686 habitants, il n’existe aucune fromagerie. Observant que les agriculteurs possèdent des vaches et des chèvres, et que la région est déjà réputée pour son beurre ainsi que pour la qualité de ses fromages de chèvre, il décide de se lancer dans l’industrie laitière.

Il acquiert pour cela un terrain situé au nord-est de la commune, où il fait construire un établissement baptisé « Fromagerie de la Grand-Ouche ».

Les bâtiments, en moellon enduit, sont principalement de plain-pied avec combles à surcroît. L’agrandissement de l’atelier de fabrication est réalisé en pan de bois et béton aggloméré. Les toitures sont couvertes de tuiles mécaniques ; côté cour, celle du logement présente une forme de shed.

Le 6 mai 1914, Delphin Barbeau s’associe à Constant Grellier pour créer la fromagerie de la Grand’Ouche.

Le 26 juin 1914, l'association se termine déjà. Delphin Barbeau se retire de la société et vend ses parts. Il décède quelques années plus tard, en 1919. 

La production débute par la fabrication de camemberts, rapidement complétée par celle de fromages de chèvre.

                   
                   
20 septembre 1917 : Le fromager Constant Grellier décède brutalement.

1918 : La fromagerie est vendue aux enchères avec une mise à prix de 80.000 francs.
       

 
                   
  Le 4 mars 1918 : Louis Modéré Rougeau et sa femme Amélie, originaires de Pamproux où ils se sont mariés, acquièrent la fromagerie de la Grand Ouche à Saussais-Vaussais.  
                   
  Amelie-Rougeau-nee-Merouzeau
Amélie
Louis, fils d'agriculteur, qui a participé à la grande guerre est un ancien employé de chemin de fer.

Amélie, également issue du milieu agricole, s’investit pleinement dans la fromagerie et dans la fabrication des fromages, comme en témoigne la présence de son prénom sur les étiquettes.
 
           
   
                   
           
   
           
 

En 1919, après quatorze années de vie commune, Louis et Amélie divorcent.

Amélie conserve la fromagerie et reprend son nom de jeune fille, Mérouzeau. Les étiquettes sont alors modifiées pour porter ce nouveau nom. Mais la fabrication est rapidement interrompue.

Le 3 Avril 1920 la fromagerie est rachetée aux enchères par la distillerie des deux sèvres Ricard Ocllenet, en vue d'y fabriquer également de la caséine.
 
       
   
 
                   
 

En 1920, fait assez rare pour être signalé, la fromagerie compte quatre laitières parmi son personnel.

Parmi elles figure Mme Rouffaud. Originaire de « La Roche de Bord », cette femme courageuse attelle chaque matin son cheval pour une longue tournée. Elle parcourt près de trente-cinq kilomètres par jour, empruntant des chemins défoncés ou pierreux, et collecte ainsi environ 350 litres de lait quotidiennement. Les bidons de cinquante litres ne l’intimident pas.

Robuste paysanne, « bien de chez nous », selon l’expression locale, elle accomplit ce travail pendant dix années, de 1920 à 1930.

 
                   
  Le 26 décembre 1922, Amélie a 45 ans et se remarie avec Alphonse Nilles, ancien chef monteur au Luxembourg.

C'est sans doute à cette époque qu'est agrandi l'atelier de fabrication. La matière première faisant défaut, la fabrication de caséine est abandonnée au profit de l'étude de divers problèmes intéressants l'industrie laitière.

1927 : La "Laiterie Mérouzeau" figure dans les annuaires du lait pour sa fabrication de camemberts.

Le 7 juillet 1928 : Rachat de la fromagerie par la Sociéte Santone Ecoyeux (Charente-Maritime).

Le 5 juillet 1929 : Rachat par Mr Handre Kus Van Den Besselaard.

Le 13 Avril 1931 : Rachat par la Coopérative de Civray Saint Saviol.

 
                   
 


Le quai de dépotage de la laiterie en août 1934.


Intérieur de la fromagerie avec une partie du personnel dont Mme Auvin Edith.
 
                   
  Le 3 juin 1935 : La fabrication s'arrête. Les bâtiments sont vendus au laitier Mr Paradot, qui collecte le lait pour la laiterie de St-Saviol.  
                   
 
L'ancienne laiterie industrielle de Sauzé-Vaussais en 2024.
 
         
    Petit retour en arrière :
Après avoir été fromagère à Sauzé-Vaussais, Amélie Mérouzeau va tenir avec son nouvel époux Alphonse Nilles la laiterie de St-Cyprien, au 73 boulevard Anatole France à Poitiers où ils fabriquent et commercialisent du beurre et du camembert.
   
         
    Puis Amélie va ouvrir un atelier de confection et un magasin de mode à Charleroi (Belgique), puis revenir dans les Deux-Sèvres.    
         
    Louis Modéré Rougeau, divorcé d'Amélie, va devenir un important fromager industriel. Il sera à la tête des laiteries de Coussey dans les Vosges et de Vaudeville dans la Meuse, où il va continuer à fabriquer des camemberts, ainsi que des fromages carrés. Il décède à Coussey en 1943.    
                   
           
                   
              Rédaction et mise en page ED - © letyrosemiophile.com
avec l'aide précieuse de Marc Gatineau en février 2026.
       

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