Imprimerie

GARNAUD

à ANGOULEME

(Charente)

     
  Historique : 1921 - 2004  
                   

Henri Garnaud, deuxième à gauche, et ses employés
 
22 place du Palet
 


- 1939 -
Henri Garnaud, le visionnaire
 
 
 
Après un long Tour de France pour parfaire ses connaissances, Henri Garnaud (1891-1950) débute son métier d’imprimeur à l’imprimerie Veyret, dans les actuels locaux d’Appart-city, au Nil. Le soir, après le travail, il continue à faire des petits travaux, comme des cartes de visites qu’il dessine dans un local qu’il loue près de l’école St Paul. Son directeur qui l’apprécie beaucoup le pousse à s’installer et l’aide même financièrement. 
 
 
                   
  Le 21 octobre 1921, à l’age de 30 ans, il installe son atelier d'imprimerie typographique et lithographique au 22 place du Palet (à l’angle du 2 rue des juifs, maintenant rue Raymond Audour), à l’emplacement d’un ancien commerce de vêtements. Henri se met vite à répondre aux multiples et hétéroclites demandes d’impressions, telles des papiers à cigarette, des articles pharmaceutiques, des boites cartonnées, des sacs à chapeaux et fantaisies en tout genre.  
                   
Après avoir commencé à imprimer des étiquettes de pharmacie, Garnaud se met rapidement à imprimer ses premières étiquettes de fromage vers 1923-24.
Henri Garnaud, travailleur acharné, calcule qu’il y a un fromager par canton en moyenne dans toute la France. Il a l’intuition que les étiquettes de fromage vont devenir un marché porteur et rentable.

Henri Garnaud
           
Le formidable dynamisme des fromageries du Poitou-Charentes va l’aider à produire de multiples modèles et jeter les bases d’une imprimerie prospère. Pour ne pas dépendre entièrement de ce marché, il continuera à éditer aussi des en-têtes de lettres, des factures, des enveloppes, des registres…
               
La qualité et la beauté de ses étiquettes de fromage le fait vite connaître, il conquiert rapidement la Normandie ainsi que toute la France. C’est un créneau qu’il ne lâcha plus.
début des années 30

La presse lithographique de Henri Garnaud
                   
  D’après une publicité d’époque, en 1936 l’imprimerie Garnaud s'est agrandie au 24 place du Palet et est déjà passée à l’Offset. Mais Henri va continuer à imprimer ses étiquettes de fromage en lithographie jusque dans les années 50. Aussi, cet encart publicitaire montre que Henri associe déjà ses fils à l’entreprise.  
                   

- 1
936 -

- 1936 à 1938 -

Henri Garnaud
 

entête de 1936
 

 

         

- 1952 -

Une saga familiale

     
             


Berthe Garnaud

Le commerce prospère et emploie une trentaine de salariés. Mais le 15 août 1949, Henri Garnaud meurt à 59 ans, d’une crise cardiaque sur le quai de la gare de Lyon, en revenant d’une cure à Évian.  
 
         

- 1950 -
             

Les deux fils de Claude n’étant pas assez expérimentés, c’est Berthe Garnaud (1895-1965), sa femme, qui prend les rênes de l’entreprise, une femme de caractère qui savait commander avec fermeté et gentillesse. Par exemple elle tenait à avoir tous les ans un stand à Paris au SIAL (Salon International de l’Alimentation) pour trouver de nouveaux clients.

 
                   
  En 1950, l’imprimerie prend la dénomination officielle « Henri Garnaud & Fils », même si Berthe dirige toujours l’entreprise, aidée de ses fils, et ce, jusqu’à son décès en 1965.
publicité de 1957
             

l'usine de Bellevue
En 1951, les locaux de la place du Palet étant trop étroits, l’imprimerie déménage à l’usine de Bellevue, avenue des quatre sillons, située toujours dans la Ville d’Angoulême.

Berthe fait également construire en même temps les habitations pour toute la famille, sa maison au milieu de celles de ses deux fils.

De travailler pour l’entreprise Garnaud a permis à d’obscurs artistes de passer à la postérité du fromage, comme Fabien Mika, Jacques Bonnot, Feix...
 
             
  Une nouvelle machine offset deux couleurs prend place, puis le parc de machines s'agrandit avec l'acquisition d'une 4 couleurs. L'effectif passe de 35 employés à plus de 110 en quelques années.
           

l'intérieur de l'usine de Bellevue

En 1965, les fils Jacques (1924-1986) et Claude Garnaud (1929-2014), prennent la direction de l’entreprise qui continue de s’étoffer. La production d’étiquettes de fromage de 1965 à 1972 va augmenter de 365 millions d’étiquettes à 564 millions par an.

A cette époque, l’imprimerie Garnaud est leader sur le marché des étiquettes de fromage, puisqu’elle imprime 75 % des étiquettes françaises. L’export n’est pas mis de coté, beaucoup d'étiquettes alimentaires algériennes proviennent de chez Garnaud.

     
 Jacques et Claude Garnaud en 1981  
     
               


- 1951 -
       
 
                   

En 1972, 120 personnes travaillent à l’usine de Bellevue, qui commence à se faire étroite. L’époque étant propice aux usines à la campagne, l’imprimerie Garnaud ouvre une usine ultramoderne à Voeuil et Giget, équipée d’une offset grand format 4 couleurs et d’une énorme rotative 6 couleurs.

                 

- 1967 à 1972 -

- 1973 -
       
Ce nouvel outil de production va permettre à l’entreprise familiale de continuer à se diversifier, notamment pour des marques comme Neslé, Miko, Findus, Gervais, Candia. L’entreprise va faire partie des trois fournisseurs officiels de tickets pour La Française des jeux. Elle imprime aussi les pages couleurs du Larousse, des enveloppes, des publicités… Il existait aussi un studio « photo-dessins », les photos étaient prises sur place puis dessinées et imprimées.
     
                   

 publicité affichée de 1959 à 1974

Jacques décède, et Claude se retrouve seul à diriger l’entreprise.

Le 1er décembre 1989, un terrible incendie ravage l’usine de Voeuil-et-Giget. Les employés sont tous redéployés sur l’usine de Bellevue.

Garnaud se remet difficilement de ce sinistre. Et six mois plus tard, la nouvelle usine de Voeuil-et-Giget entre partiellement en service et entièrement un an plus tard.
Mais l’entreprise à entre-temps perdu une clientèle qu’elle a du mal à retrouver.


Le conseil de direction avec Mme Garnaud
                   
 
Le personnel devant l'usine de Voeuil-et-Giget en 1991
 
                   

 

En 1991, la grande famille Garnaud fête les 70 ans de ce fleuron de l’économie angoumoisine. Tout le gratin angoumoisin est là, les élus, et même l’évêque, sans se douter du sombre avenir de l’entreprise.

 
             
       

Le choc pétrolier et la concurrence accrue fait que le marché subit une mutation brutale. L’entreprise garde une âme familiale et a du mal à opérer de profonds changements. 

       
       
En 1997, souffrant d'une situation financière fragile et d'un carnet de commandes insuffisant, la société est reprise par un concurrent charentais le groupe d'imprimeries de Jean-François Vieira, les imprimeries Sopan-Sajic. Il acquiert 60% des parts de l'imprimerie Garnaud, qui emploie 85 personnes sur les deux sites d'Angoulême et de Voeuil-et-Giget.
                   

- 1987 -

- 1987 -
 
Le groupe Vieira ferme le site d'Angoulême pour concentrer la production à Voeuil-et-Giget, puis fermera définitivement le deuxième site en 2004.
                   

 

Quelques étiquettes :
             
Période : "Imp. Garnaud" - "Imp. H. Garnaud" - "Création H. Garnaud"
   
                   
                   
                   
                   
  Période : "Imp. H. Garnaud & Fils"- "Créations H. Garnaud & Fils"
   
                   
                   
                   
                   
  Période : "Garnaud"  
                   
                   
                   
                   
                   
Quelques autres impressions :  
                   
                   
                   
                   
   
 

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