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Bonjour !

Nous sommes aujourd'hui le

    il est en France



   
1er mars 2026

Mais qui est ce poilu penché sur ce camembert,

et où combattait-il ?

     
   
                   
  En m’intéressant à l’histoire de la fromagère Amélie Mérouzeau de la fromagerie du Grand-Ouche à Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres), je me suis retrouvé à Coussey dans les Vosges, puis à Vaudeville dans la Meuse, tout cela en suivant le parcours de son mari, qui a été à la tête de toutes ces fromageries. Puis un retour en arrière me fait comprendre qu’il est passé par la laiterie de Chatellerault, la fromagerie de La Mothe St-Héray, et a aussi dirigé la laiterie de Noyant.

La consultation de son "état signalétique et des services" attestent de sa présence sur la commune de Noyant entre juin 1914 et février 1919. Un livre publié par sa petite fille, joint de photos complètent la documentation disponible, offrant un regard plus personnel et émouvant sur son parcours et sa vie durant cette période.

Pendant cette période, la laiterie de Noyant a commercialisé plusieurs fromages dont un camembert avec une étiquette assez rare maintenant, dite "Le poilu de Noyant". On y aperçoit en premier plan, deux hommes dans un abri de tranchée, un soldat de première classe à gauche et un caporal-chef (capo) à droite. Ils font une pose repas, et  s’émerveillent devant les fromages contenus dans la caisse réceptionnée.

Le personnel de la laiterie de Noyant, avec son dirigeant au centre, le futur poilu...
(photo prise entre juin et août 1914).
 
       
       
  Le texte de la caisse : Monsieur Onlésaura - caporal au 125e - 3e Bataillon - Secteur 31  
       
 

"On les aura !" est le slogan patriotique de la guerre 14-18.

Cette expression devient célèbre grâce à une chanson écrite en 1916 par Théodore Botrel, intitulée justement "On les aura !".

Elle est chantée dans les tranchées et dans les réunions patriotiques.
Le refrain est simple et entraînant, conçu pour galvaniser :

On les aura !
On les aura !
Les Boches, on les aura !

Cette chanson fait partie de la propagande de guerre visant à maintenir le moral malgré l’enlisement du conflit, notamment après les batailles de Verdun et de la Somme.

 
       
                   
 

En consultant sa fiche matricule militaire, il devient évident que le colis lui était bien destiné, car "Monsieur Onlésaura" appartenait au 125e régiment d’infanterie.

Il y est incorporé en 1901, et suite à cela, il est nommé "Caporal" en 1902, puis passe dans la réserve en novembre 1904.

En 1914, alors qu'il dirige la laiterie de Noyant, il est rappelé au service actif au mois d'août, intégrant le 125e RI. Après dix jours d’instruction, il est envoyé au front. Il reste dans cette unité pendant un an, puis est transféré au 114e RI, où il continue à combattre sur le front jusqu’en février 1918.

Par la suite, il enchaîne des périodes d’instruction en position de retrait, alternant avec des périodes de service en première ligne, jusqu’en février 1919.

 
                   
 
L’illustration de l'étiquette le montre dans une tranchée, arborant le 125° RI sur le col de sa capote bleue (après le printemps 1915, lorsque le pantalon rouge garance est remplacé par l’uniforme bleu horizon), et forcément avant août 1915 (date où il passe au 114° RI).

A cette période, le bataillon était engagé sur le front de l’Artois, un secteur particulièrement actif durant la deuxième bataille d’Artois, de Neuville-Saint-Vaast, près de Notre-Dame-de-Lorette, et dans la zone d’Ablain-Saint-Nazaire, dans le département du Pas-de-Calais (62).

Il est assis dans la boue, entre camarades blessés et pénurie de vivres. Recevoir ce présent valait de l’or à l’époque, d’autant plus qu’il était envoyé par les employés de la laiterie, qui le soutenaient physiquement et moralement.

Il faut imaginer son enthousiasme lorsque dans un premier temps, il se penche sur l’illustration lithographiée et découvre sa situation personnelle, avec ce soldat ayant du cran face à l’ennemi, qui se penche sur ce fromage destiné à "Monsieur Onlesaura".

"On les aura !", cette phrase populaire qu’il devait souvent répéter !

 
                   
 
Zoom sur une photo prise à Noyant entre février et juillet 1918, période où il est affecté
à Poitiers en tant qu’instructeur au dépôt du 125° RI. Ses deux filles Amélie Madeleine, et Anna, visibles sur la photo, permettent une datation assez précise de la prise de vue.

Revenu de la guerre, on le retrouve à la fromagerie de Sauzé-Vaussais (79).
 
                   
 

Cent dix ans se sont écoulés, et le nom du fromager poilu "Louis Modéré Rougeau" vient de refaire surface.

 
              Documents et rédaction : Eric Delpierre
                   
   
  1er janvier 2026

BONNE ANNÉE A TOUS !!!

L’année qui vient, qu’ne soit pas pus mée, qu’ne soit pas moins mée ! (Normand)

L’annada que ven, que ne siá pas mai mauvala, que ne siá pas men mauvala ! (Provençal)

Ar bloazh a zeu, n’eo ket da vezañ re vras pe re fall, na re vras pe re fall ! (Breton)

 
                                       
   
 
                                       
  Bonne année 2026 !!!  
                                       
                                       
                             
                                       
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